Capturez les savoirs des baby-boomers avant qu’il ne soit trop tard

La génération du baby-boom quitte progressivement le monde du travail, emportant avec elle 40 ans de connaissances acquises sur le terrain. Rarement prioritaire, l’enjeu de transmission aux nouvelles générations n’en est pas moins crucial. Rassurez-vous, il est encore temps de réagir.

Près d’un tiers des personnes qui occupaient un emploi en 2009 aura quitté le marché de l’emploi d’ici 2020, selon l’Insee. Un chiffre qui donne le vertige ! D’autant que des départs massifs vont se poursuivre durant les deux prochaines années. Pour ne pas laisser filer la quantité inestimable de savoirs informels amassée par les seniors, la mise en place d’un plan d’action s’avère décisive.

Un socle à consolider

Dans un contexte de digitalisation des entreprises, on parle régulièrement d’obsolescence des compétences. Il faut cependant garder à l’esprit que ces nouvelles compétences que nous acquérons pour rester à jour dans notre activité reposent sur un socle de connaissances fondamentales, immuables, qui se transmet de pair à pair. Ce socle, c’est la sève de l’entreprise !

Dans  l’ensemble des organisations, on retrouve ainsi le concept du « T-Shaped » : la barre verticale représente la base fondamentale des connaissance, la barre haute correspond aux compétences dont on sait déjà qu’elles seront obsolètes dans les cinq années à venir.

Attention : productivité menacée !

Pour un nouvel embauché, il est extrêmement important d’acquérir le savoir de base. En négligeant ce socle, le risque pour l’entreprise est de perdre en productivité. En effet, si on ne peut pas s’appuyer sur l’expérience des salariés seniors, qui ont su résoudre des problématiques, améliorer des procédés tout au long de leur carrière, on repart de zéro. Et on reproduit les erreurs passées.

C’est quand le savoir est encore là que vous pouvez contrôler sa captation. Saviez-vous qu’un ingénieur à la retraite avait été rappelé parce que certains procédés pour construire un satellite avaient été perdus ? Cela peut sembler anecdotique mais lorsqu’un baby-boomer s’en va, c’est une libraire de savoirs qui disparaît.

Choc des générations ?

On sait que les « anciens » doivent transmettre les gestes techniques et les bons modes opératoires aux plus jeunes. On sait aussi que les deux générations – baby-boomers et millennials – n’ont pas les mêmes codes de communication. Les premiers auraient tendance à choisir le format du présentiel, en face à face, pour transmettre un savoir les autres ont le réflexe de « googliser » pour chercher une information.

Finalement, quand on évoque un choc des générations en entreprise, c’est surtout dans la façon de communiquer qu’il se situe, plus que dans l’attitude ou le savoir-être. Si pendant 30 ans on a été habitué à transmettre les informations d’une certaine façon, cela peut sembler difficile de réaliser un tutoriel vidéo. A l’inverse, la seule idée d’étudier un classeur de mode opératoires pendant 3h peut faire fuir un jeune de 25 ans.

Faire le pont entre les deux

L’entreprise doit être capable de faire le pont entre les deux générations, de trouver un mode de transmission avec lequel les seniors seront à l’aise et qui parlera à la génération Z. C’est aux responsables des ressources humains et aux managers de prendre le sujet à bras le corps et de valoriser la transmission de connaissances.

On sait que les baby-boomers sont attachés au compagnonnage : « Je prends un jeune sous mon aile et je lui montre ma pratique au jour le jour ». On ne peut pas répliquer ce modèle pour chaque nouvel entrant (trop long, trop fastidieux) mais l’entreprise peut s’en inspirer, dans une logique de massification et d’efficacité.